ü Site de Santé au Travail du BTP

INTRANET

ACTUALITES

CONGRES 2007

 

LA SANTE AU TRAVAIL            Accueil
21/08/07 Actu : Femmes de chantiers (Paris Normandie du 20/08/07)
TENDANCE
Elles sont de plus en plus nombreuses à s'engager dans les métiers du BTP, secteur traditionnellement masculin. Rencontre avec une plaquiste et une cordiste

Depuis six ans, Marie travaille sur cordes en toute sécurité. Ici, sur un chantier de maçonnerie

Trente mille femmes dans le secteur du bâtiment d'ici 2009. Soit deux fois plus qu'aujourd'hui. Tel est l'objectif de la Fédération française du bâtiment (FFB), qui aimerait voir davantage d'ouvrières sur les chantiers. Ses motivations ? Favoriser l'égalité professionnelle et combler la pénurie de main-d'œuvre. Le défi est de taille. Actuellement, les femmes ne représentent que 1,5% des ouvriers. « Elles sont quasiment absentes du gros œuvre. En revanche, elles sont de plus en plus nombreuses dans le second œuvre (peinture, carrelage, électricité, ébénisterie) », précise Pascal Dupuis, conseiller en prévention des risques professionnels à BTP santé. Mais est-ce facile d'être une femme dans ce milieu encore largement dévolu aux hommes ?

Deux Rouennaises de 27 et 28 ans, Marie, cordiste, et Sophie, plaquiste, y trouvent leur compte. Et s'amusent, même. La première apprécie avant tout le travail en plein air et la possibilité d'exercer partout en France et à l'étranger.
La deuxième se passionne pour l'aspect créatif du placo et « se sent bien » dans ce métier manuel, « original pour une femme ».

Mais, entre l'obligation de faire toujours plus que les hommes, les discriminations et l'ambiance « un brin machiste », il n'est pas toujours aisé de trouver sa place dans ce milieu quand on appartient à la gent féminine. « Je suis payée comme quelqu'un qui ne travaille que depuis deux ans alors que j'ai commencé en 2001 et de nombreuses entreprises refusent catégoriquement de travailler avec des femmes ».

Et Sophie, dans le bâtiment depuis 3 ans, d'ajouter : « Au début, il y a une sorte de distance avec les autres ouvriers. Ils m'observent sans arrêt, vérifient mon travail. Mais, quand ils voient que je sais ce que je fais, tout va bien ».
Il faut dire que Sophie « fait tout comme les hommes ». Elle pose les rails, isole, porte les plaques de placo (2m50 sur 1m20) « seule », les fixe, fait les bandes et les enduits. Et, est souvent « plus soignée qu'un homme », confie son ancien employeur.

Une qualité largement exploitée par Marie.
« Quand je suis accrochée à une corde, il y a quelques travaux de restauration très physiques que je ne peux pas réaliser. Je compense en mettant en avant ma patience, ma rigueur et de la minutie ». Une option qui marche puisque Marie travaille souvent en binôme. « De ce fait, on est complémentaire avec mon collègue ».

Pour Pascal Dupuis, les femmes ont deux autres qualités, essentielles au secteur du bâtiment et à son évolution. « Elles ont le sens du contact et sont sensibles aux questions de sécurité, de santé et de prévention (voir ci-contre). Il est donc important d'ouvrir ces métiers aux femmes. » Un souhait largement partagé par Marie et Sophie.
« De nombreuses sociétés refusent de travailler avec des femmes »
 

« Etre attentif à sa posture »

Il n'est pas toujours aisé de trouver sa place dans ce milieu.
Didier Prod'homme est médecin du travail spécialisé dans le BTP. Tous les métiers du bâtiment sont-ils accessibles aux femmes ?

Didier Prod'homme : « Il y a évidemment des problèmes quant à la manutention. Parce qu'il est souvent plus difficile pour une femme de porter des charges lourdes. Mais avec le développement des moyens mécaniques et l'adaptation de l'outillage, ces métiers sont de plus en plus accessibles. Une activité me paraît toutefois particulièrement difficile : la maçonnerie. Les sacs de ciment et les agglos sont très lourds. » Une femme prend-elle plus de risques qu'un homme si elle pratique un métier difficile physiquement ?

D.P : «A partir du moment où elle fait attention à la façon dont elle porte et dont elle se tient, elle ne prend pas plus de risques qu'un homme.
De manière générale, les ouvriers du bâtiment doivent être très attentifs à leurs gestes, leurs postures et aménager leur poste de travail pour exercer dans les meilleures conditions possibles.
Il faut savoir que le trouble musculo-squelettique (TMS) représente 70 % des maladies professionnelles en France, et est très fréquent dans le secteur du bâtiment.»
Quels sont les principaux TMS que vous rencontrez ?
D.P : «Les travailleurs du bâtiment souffrent principalement de problèmes aux genoux qui sont très sollicités sur un chantier et dans le bas du dos.
Mais selon le métier exercé, les ouvriers ne sont pas sujets aux mêmes troubles.
Un peintre, par exemple, risque d'avoir mal aux épaules et de souffrir de problèmes cardiaques.»
 
PREVENIR

La prévention en matière de santé est essentielle dans le BTP. Et les femmes sensibles à ces questions pourraient permettre de faire évoluer les mentalités. Le service de santé au travail du BTP a multiplié ses actions de prévention ces dernières années. Son but : sensibiliser les employeurs et les salariés aux risques professionnels (nuisances sonores, troubles musculo-squelettiques, produits nocifs) afin d'améliorer les conditions de travail. Santé BTP : 02.35.71.85.90.


CHIFFRES

Au niveau national, 16 700 femmes travaillent actuellement dans le secteur du bâtiment.Parmi elles, 9 300 sont en formation professionnelle, dont 6 300 en formation initiale. En 2004, en Seine-Maritime, on comptait 2 693 salariées dans le secteur du BTP. En 2005, elles étaient 2 825, soit une progression de 4,5 %.

Pour la Haute-Normandie, en 2005, il y avait 3 990 femmes dans le BTP. Source : Fédération française du bâtiment et UNEDIC

MANUEL SANSON ET TIPHAINE POIDEVIN

(Paris Normandie du Lundi le 20 août 2007)
 
CONTACT         93 r de Darnétal 76011 Rouen Cedex         Tel : 02.35.71.85.90 - Fax : 02.35.15.37.71                    Mentions légales