|
La machine qui peint à toute vitesse.
Patron de Peinture Normandie, Dominique
Noël présentera au salon de l'habitat
une machine qui révolutionne les
chantiers à domicile. Le procédé a même
été récompensé.
«En deux jours vous emménagez dans une
habitation de 120 m2 propre et claire,
en deux jours de plus, vos murs, vos
plafonds, vos boiseries sont prêts à
vivre. » C'est en tout cas ce que promet
la plaquette promotionnelle d'Abitec, un
procédé innovant qui permet de recouvrir
d'enduit et de peinture, à l'aide d'une
machine, les murs et les plafonds d'une
habitation.
Dominique Noël, le concepteur, patron de
Peinture Normandie, une entreprise
rouennaise, a obtenu en 2004 le premier
prix national de l'innovation pour la
version de son produit destinée aux gros
chantiers. Aujourd'hui, il présente, à
l'occasion du salon de l'habitat, un
modèle adapté aux maisons individuelles
et donc aux particuliers.
« Nous utilisons un matériel breveté
composé de camions équipés de pompes
hydrauliques extrêmement puissantes
actionnées par un moteur, explique
Dominique Noël. Cette pompe sert à
aspirer l'enduit ou la peinture contenus
dans des fûts de 120 litres
réutilisables, stockés dans le camion,
et à envoyer sous très haute pression
vers le pistolet de projection via un
flexible. »
Haute pression.
L'intervention du peintre est donc
extrêmement rapide. Les pompes débitent
pas moins de 5,2 l de peinture à la
minute. Mais il est indispensable, au
préalable, de protéger toutes les
parties de l'habitation qui ne doivent
pas recevoir de peinture. « Le
conditionnement en fûts et la projection
par pompe suppriment toute forme de
manutention, poursuit le chef
d'entreprise. Le rendement est élevé
tout en garantissant une qualité de
finition constante. »
15 à 30 % moins
cher.
Seul inconvénient, le procédé
d'application impose une finition
monochrome, blanche. Mais elle est sans
odeur, sans éther de glycol et sèche
rapidement. « Le tarif des produits est
très compétitif, car il ne comprend pas
le prix de l'emballage, seul le sac
plastique est détruit et les fûts, de
forme tronconique, peuvent être empilés
et sont récupérés », souligne Dominique
Noël qui annonce des tarifs 15 à 30 %
inférieurs à ceux du marché.
L'entrepreneur, dont les ouvriers
utilisent l'invention, espère vendre
cette machine, accompagnée d'un logiciel
qui permet d'établir des devis en
quelques secondes, à d'autres
entreprises. Il vise surtout le Nord de
l'Europe, l'Allemagne ou l'Autriche :
« Dans certains pays, il est interdit de
porter des pots de peinture trop
lourd. », explique-t-il.
En attendant, Dominique Noël planche sur
d'autres trouvailles. Il est ainsi sur
le point de déposer de nouveaux
brevets : une lampe qui révèle les
imperfections, de nouveaux couteaux à
enduit, une nouvelle ponceuse.
F. W.
|